Kidnapping : Témoignage de Jean-Marc Condestin, une victime

Le kidnapping semble devenir une nouvelle industrie considérant sa montée au jour le jour dans le pays. À entendre un propriétaire d’une station d’essence, Jean-Marc Condestin, ce jeudi 11 Mars 2021, qui a été kidnappé le 28 février dernier devant son entreprise se trouvant dans une localité de la commune de gressier, les kidnappeurs opèrent en toute quiétude en ignorant l’existence de l’institution policière. Ils m’ont enlevé à Mariani et j’étais séquestré à Grand- ravine, confie Jean-Marc Condestin d’une voix calme.

« En raison de la détérioration de mes conditions de santé et le faible montant de la rançon apporté par mon fils, Jean-Baptiste Condestin, les ravisseurs m’ont libéré tout en gardant mon fils comme garantie pour le reste de la somme d’argent demandé, raconte Jean-Marc Condestin qui a décidé de ne pas révéler le montant de la rançon qu’avaient exigé les criminels ».

« Mon fils a été libéré mercredi 10 mars 2021, indique L’entrepreneur. Deux jours avant sa libération, j’étais retourné à Grand-Ravine, celui qui m’avait emmené a été brutalisé par les bandits car ils étaient mécontents. Ils ont saisi ma porte-monnaie, mon portable », explique-t-il.

Il est important de souligner que Monsieur Condestin rapporte qu’en apportant le reste de la rançon pour que son fils soit libéré, il avait rencontré des policiers en service sur la place de Martissant. Les forces de l’ordre ne lui avaient pas posé même une question. Avec un sachet noir, bourré d’argent, il montait seul à Grand-Ravine et mi-chemin, il a donné le sachet, selon les instructions des ravisseurs, à des hommes qui étaient assis.

Pendant toute la période de séquestration, le kidnappé est resté sans baigner, sans brosser ses dents, explique l’ancienne victime du phénomène de kidnapping. Très souvent, j’ai entendu des musiques, surtout de genre reggae. Une fois, j’ai écouté le journal premye okazyon dit  « Gran boulva », de la radio Caraïbes, poursuit-t-il.

Jean-Marc Condestin a confié que cette expérience a été très douloureuse. À un certain moment, je pensais que mourir était la seule solution. Une entrave liait ensemble mes pieds et mes mains ; temps en temps, je recevais des menaces de mort. Un propriétaire d’un bureau de change situé à la rue de l’enterrement a été séquestré dans la chambre voisine de celle où j’étais, révèle-t-il en poursuivant.

Par ailleurs, la famille Condestin n’a reçu aucune aide, aucun support, que ce soit de la part des autorités policières ni judiciaires haïtiennes, critique l’ancien kidnappé.

Plus loin, l’homme d’affaire fait savoir qu’il restera dans le pays pour continuer à travailler dignement comme auparavant. Il conseille à ses confrères entrepreneurs de ne pas se laisser intimider, emporter par le découragement suite à son enlèvement. La vie est une lutte éternelle, vous devez au contraire travailler beaucoup plus dur, ajoute-t-il.

Evens CARRIÈRE, Journaliste
Tel : (509) 37 05 00 12

Bouton retour en haut de la page